L’Eglise
de Jésus-Christ des Saints
des Derniers Jours est-elle une secte ?
par Mathieu
L.
On reproche parfois
aux Mormons
d’être intolérants et d’être
membres d’une secte. Ces accusations sont non seulement
infondées mais aussi blessantes. Elles font parfois
peser sur les membres une atmosphère de suspicion,
ce qui peut leur causer, auprès des gens influençables
et mal informés, des problèmes. On ne compte
plus, hélas, le nombre de jeunes adultes qui, du fait
de leur conversion, sont rejetés par leurs parents.
Certaines personnes décident même de rompre leur
amitié, même ancienne, au pretexte que celui
qu’ils ont aimé un jour s’est tourné
vers une religion qu’ils croient être mauvaise.
L'Eglise
de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours
(abrév. EJCSDJ)
est-elle une secte ? C’est la question qui fache parce
que tous les spécialistes ne sont pas d’accord.
En France, le rapport parlementaire de 1995 de la Mission
Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS)
a produit une liste d'environ 170 mouvements considérés
comme étant des sectes "dangeureuses". Les
Mormons
ne font pas partis de cette liste qui peut être consultée
sur la page du site de l’Assemblée Nationale
Française dédiée à cette question.1
La bonne question
c'est de savoir pourquoi certaines associations persistent
à classifier l'EJCSDJ
comme secte et entretiennent autour de d'elle une
méfiance des plus désagréables. Cela
reste pour moi un mystère à moins que ce ne
soit la traduction d’une totale méconnaissance
de notre organisation - une faute quand on prétend
juger un mouvement - ou la démonstration de la force
du parti pris et des préjugés qui persistent
chez certains.
La position de
l’UNADFI2 est particulièrement
étonnante à plusieurs titres :
1)
Si l'EJCSDJ est une secte ça en fait la deuxième
en importance en France avec environ 30000 membres. Comment
se fait-il que l'activité de l’UNADFI soit si
faible à son égard ? Selon les propres chiffres
de la branche parisienne de l’association, le nombre
de consultations téléphoniques moyen la concernant
tourne autour de 30 appels annuels, même pas 3 par mois,
contre un volume total d’appels d’environ 2600
annuels. Ce que l’UNADFI considère comme la seconde
secte de France ne génère donc qu’un peu
plus de 1% des appels ? N’est- il pas étonnant
qu’un mouvement présenté comme aussi nocif
génère aussi peu d'interrogations ? N’est-ce
pas plutôt la démonstration que les Mormons ne
posent pas de problème ?
2)
L’UNADFI ne devrait pas considérer les Mormons
comme une secte selon la déclaration même de
ses chefs. Un de ses responsables a déclaré
à l'occasion d'une enquête menée par le
quotidien Libération : "Il est peu utile de
vouloir classer cette Eglise [les mormons] dans les sectes
ou les non-sectes". Selon lui, la doctrine mormone
tiendrait de la "supercherie intellectuelle"3.
Cette déclaration est ennuyeuse car elle implique deux
choses : soit l'UNADFI se fourvoie lorsqu'elle dit ne s'intéresser
qu'au factuel et ne pas juger les doctrines, puisque ce dirigeant
reconnait que c'est contre la doctrine de l'Eglise qu'il en
a, pas contre ses agissements; soit elle implique que la doctrine
des mouvements présentés comme beaucoup plus
nocifs que les Mormons (l’Eglise de Scientologie
par exemple) n'est pas une supercherie intellectuelle puisqu'il
est pertinent que ces mouvements soient classés comme
sectaires. Je laisse l’UNADFI se démeler avec
ses contradictions.
3)
Egalement, et ça ne manque pas de me faire sourire,
l’UNADFI prend le risque, dans sa section biographie,
à la page Mormon4, de renvoyer les
gens vers la lecture du livre "Les Mormons" de Davis
BITTON. Cette recommandation s’accompagne de ce commentaire
particulièrement élogieux :"Un des meilleurs
spécialistes du mormonisme, présente l'histoire,
les croyances, les pratiques religieuses, et la situation
actuelle de l'une des sectes chrétiennes les plus dynamiques."
Mais qui est ce formidable Davis BITTON ? C'est tout simplement
un Mormon, très respecté parmi les Saints
des Derniers Jours, ancien historien officiel de
l'Eglise, ancien professeur de l’université mormone
"Brigham Young University", à Provo en Utah,
et - cerise sur le gâteau - collaborateur zélé
du FARMS5. Bref ! C'est un apologiste mormon
renommé, admiré et de talent. Est-ce bien raisonnable
pour l’UNADFI de renvoyer ses lecteurs à ce livre
?
Il est grand
temps que les associations anti-sectes reconnaissent que le
mormonisme n'est pas un mouvement dangereux ou nocif et qu'elles
jettent leurs préjugés aux oubliettes. Que les
doctrines ou conceptions de l'Eglise ne leur plaisent pas
c’est une chose. Que ces associations accusent et favorisent
un climat propre à troubler les membres de l'Eglise
en est une autre. Ce qu’il faut garder à l’esprit
est la chose suivante : "La réponse rendue
le 31 mai dernier, considère qu'aucun rapport officiel
des commissions d'enquête sur les sectes, que ce soit
en Belgique, en France ou en Suisse, ne contient d'éléments
négatifs à charge de cette Eglise [mormone]
et que, de même, le mouvement n'a jamais été
condamné par une juridiction européenne pour
une infraction. D'autres points particuliers faisant l'objet
de controverses (polygamie, racisme,...) sont également
examinés pour aboutir à la conclusion que les
Mormons `ne présentent pas de risque particulier´".
Les Mormons
ne constituent pas une secte ; on peut ne pas être d'accord
avec la doctrine et la combattre, mais il convient que ce
combat soit loyal et que l'on ne fasse pas porter aux SDJ
des accusations ou insultes qu'à l'évidence
ils ne méritent pas.