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Quelques
réflexions sur la disparition des plaques d'or
par Marco
Introduction
Que sont devenues les fameuses plaques d'or d'où
est tiré le Livre
de Mormon ? Si, selon les Saints
des Derniers Jours, elles existent réellement,
il serait très facile d'en prouver la véracité
simplement en les exhibant au monde entier pour qu'il les
examine et atteste de l'appel divin du traducteur : le prophète
Joseph
Smith.
Cette question et remarque, les Mormons
l'ont entendu bien souvent.
Encore faudrait-il savoir, si une telle
démonstration devait avoir lieu, quels seraient
les apports positifs, tant au mormonisme
lui-même qu'à ceux qui s'interrogent là-dessus.
Passons par un bref historique des événements
entourant l'apparition du Livre
de Mormon et analysons-les afin de mieux comprendre
les raisons éventuelles qui inciteraient le Seigneur
à ne pas afficher au grand jour ce qui serait considéré
par certains comme étant la preuve ultime de la
véracité du Livre de Mormon, du mormonisme
et de l'existence de Dieu.
Apparitions et disparitions des plaques
d'or
En étudiant de près l'histoire de l'Eglise
de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours,
on peut être étonné de voir à
quel point le mormonisme
naissant était riche en expériences spirituelles
et en apparitions divines, à la hauteur, certes,
de la dureté des épreuves et, souvent, de
la droiture de ses membres.
En 1823, soit trois ans après
l'apparition de notre Père Céleste et de
notre Seigneur Jésus-Christ
à Joseph
Smith1, le jeune prophète,
alors âgé de 17 ans, pria Dieu
pour recevoir le pardon de ses péchés. En
réponse à ses supplications sincères,
il reçut la visite d'un ange qui se présenta
sous le nom de Moroni; ce dernier lui indiqua un lieu
où étaient cachées des plaques de
métal sur lesquelles étaient gravées
le récit d'un peuple déchu. Parce que Joseph
Smith n'était pas encore prêt à récupérer
ce livre sacré, écrit sur des tablettes
d'or (ou en ayant en tous cas l'apparence)2,
ce ne fut qu'en 1827 qu'il en pris possession et commença
la traduction par inspiration. Comme nous allons le voir
ci-dessous plus en détail, si Joseph Smith ne récupéra
les plaques d'or qu'en 1827 (au lieu de 1823), c'est parce
qu'une partie de ses pensées étaient tournées
vers le profit potentiel que la vente de telles annales
pouvaient lui rapporter. Nous sommes bien dans l'Amérique
d'un début du XIXème siècle avec
sa course vers l'Eldorado : l'or.
Quoi qu'il en soit, après quatre
années de préparation et de maturation,
Joseph Smith se vit finalement remettre les plaques d'or
par l'ange Moroni, celui-là même qui lui
apparut en 1823. Le travail de traduction commença
et ne s'achèva qu'en 1829, avec les premiers exemplaires
du livre imprimés en début d'année
1830. A la fin de la traduction, les plaques d'or furent
reprises par Moroni, et leur destin ne nous est pas connu.
Bien qu'il puisse sembler étonnant
que l'ange du Seigneur reprenne l'original du Livre de
Mormon - qui mieux que lui-même pouvait attester
sa propre véracité ? - il est intéressant
de remarquer que ce n'était pas la première
fois que Joseph Smith eut
à s'en dessaisir. En 1824, soit 3 ans avant la
remise officielle du document gravé, Joseph Smith
alla tenter de récupérer les plaques; les
ayant retirées de la boîte de pierre, il
les posa à côté de lui, en pensant
qu'il trouverait peut-être encore quelque objet
dans la boîte qui lui permetterait de retirer du
profit (la famille Smith était pauvre). Alors qu'il
regarda à nouveau vers l'endroit où il venait
de les déposer à la seconde même,
elles avaient disparu. Moroni les avait reprises et ne
les lui remit que bien plus tard, lorsque Joseph avait
mûri quelque peu et abandonné ses projets
profanes pour ces objets sacrés.
En 1828, lorsque Martin Harris (alors
le secrétaire de Joseph Smith) perdit les 116 premières
pages traduites, Moroni apparut et lui reprit les plaques
d'or pour ne les rendre que plusieurs semaines plus tard
(en automne 1828), et la traduction ne recommença
à nouveau qu'en avril 1829 avec Oliver Cowdery
comme secrétaire.
La même année, lorsque
Joseph Smith déménagea de Harmony à
Fayette, deux localitées séparées
de 160 kilomètres, l'ange Moroni récupéra
à nouveau les plaques pour les garder en lieu sûr
pendant le voyage. Il les lui remit à son arrivée
à Fayette.
A plusieurs autres occasions, Moroni
reprit les plaques d'or dans l'objectif de les montrer
à d'autres, comme ce fut par exemple le cas pour
les trois témoins : ce ne fut pas Joseph Smith
lui-même qui montra les plaques d'or à Oliver
Cowdery, David Whitmer et Martin Harris, mais un ange.
Ces exemples ne sont pas exhaustifs.
En fait, si on regarde de près l'histoire des plaques
d'or depuis que Joseph Smith en entendit parler en 1823
jusqu'à la publication du Livre de Mormon en 1830,
on réalise qu'à de nombreuses reprises,
Moroni avait repris de ses mains l'ouvrage qu'il avait
lui-même achevé pendant son ministère
terrestre, des siècles auparavant, quand il était
le fils de Mormon et le dernier des prophètes de
la civilisation néphite. En fait, de manière
générale, on a vraiment l'impression que
Joseph Smith ne posséda jamais les plaques
d'or. Le véritable gardien en était toujours
Moroni, et le fait que ce dernier les lui aient retiré
des mains aussi souvent et aussi facilement en est une
démonstration évidente.
Partant donc de l'idée selon
laquelle les plaques d'or ne furent pas données
à Joseph Smith, mais seulement prêtées
pour les besoins de la traduction, rend déjà
plus compréhensible et acceptable l'idée
selon laquelle, une fois le Livre de Mormon traduit, Moroni
les récupéra.
La recherche de l'or et les tentatives
de discrédit
Comme je l'ai brièvement mentionné ci-dessus,
Joseph Smith était issu d'une famille de fermiers
assez pauvres; ce fait explique les raisons pour lesquelles
le jeune prophète, en voyant les plaques d'or,
ne put s'empêcher de penser à la valeur marchande
qu'elles pourraient avoir - ou du moins, si ce n'étaient
les plaques elles-même, les objets qui les accompagnaient.
On voit les résultats que produisirent ces pensées
: la remise des plaques fut repoussée de quatre
ans, le temps pour le prophète d'apprendre à
se détacher de l'idée d'en tirer un profit
matériel quelconque.
Mais la situation de Joseph Smith n'est
en rien exceptionnelle. Nous sommes là dans les
Etats-Unis du XIXème siècle, à une
époque où la recherche de l'or est une obsession
chez beaucoup, une vocation chez un grand nombre,
l'espoir de toute une nation qui est prête à
de grands sacrifices et à de grandes constructions
pour découvrir ce métal précieux,
où qu'il se trouve.
Dès que le voisinage immédiat
de Joseph Smith apprit, d'une manière ou d'une
autre, que le prophète était en possession
d'une "bible d'or", il y eut des tentatives inimaginables
d'ingéniosité pour tenter de les lui soustraire,
soit pour s'enrichir, soit pour enrayer les conséquences
religieuses qu'elles auraient. Prenons cet exemple-type
que nous rapporte la mère de Joseph, Lucy Mack
Smith :
Monsieur
Smith fut rapidement informé que dix ou douze homme
s'étaient cotisés avec, à leur tête,
un certain Willard Chase, un dirigeant de la classe des
Méthodistes, et ce qui était encore plus ridicule
était qu'ils avaient fait venir de soixante milles
un prestidigitateur afin qu'il devine par la magie l'endroit
où étaient déposées les annales.3
Plus tard, Joseph Smith senior, père
de Joseph Smith le prophète, entendit lors d'une
conversation ce même prestidigitateur crier haut
et fort :
"Je
n'ai peur de personne. Nous aurons les plaques, malgré
Joe Smith ou tous les diables de l'enfer."4
La même journée, Joseph Smith fut attaqué
à trois reprises (on tenta de l'assomer) dans le
but de lui soustraire les plaques; heureusement sans succès.
Quelques semaines plus tard, ce fut une populace armée
qui s'avança sur la maison des Smith, et elle ne
fut dispersée que lorsque Joseph, ses frères
et son père les chargèrent avec audace et
grands tremblements.
Les plaques furent cachés en
divers lieux pour déjouer les plans de ceux qui
les cherchaient avidement, avec ou sans aide de devins.
De 1827 à 1830, année de la parution du
Livre de Mormon, Joseph Smith eut à déjouer
un nombre incroyable de tentatives de vols et d'agressions
en vue de l'obtention des plaques d'or. On comprend mieux
dans ce contexte la recommandation de Moroni faite à
Joseph Smith en 1827 :
"A
présent, tu as les annales entre tes propres mains,
mais tu n'es qu'un homme; c'est pourquoi tu devras être
vigilent et fidèle à ta confiance, ou tu
seras dominé par des hommes méchants, car
ils prépareront autant de plans et de schémas
possibles pour te les soustraire. Et si tu ne fais pas
continuellement attention, ils réussiront. Pendant
qu'elles étaient entre mes mains, je pouvais les
garder, et aucun homme n'avait le pouvoir de les prendre,
mais maintenant je te les cède. Prend garde [...]
et tu auras le pouvoir de les retenir jusqu'au moment
où elles seront traduites."5
Remarquons cependant que l'or n'était pas la seule
raison des recherches et de persécutions contre
Joseph Smith et sa famille. Le texte en lui-même
avait un intérêt, plus religieux celui-ci.
En 1828, lorsque Martin Harris perdit les 116 premières
pages traduites (alors qu'il les montrait à des
personnes non-autorisées), il fut interdit à
Joseph Smith de les retraduire car ceux qui avaient dérobé
ces documents avaient l'intention de les publier, après
altération du texte original :
Voici,
je te dis que tu ne retraduiras pas ces paroles qui sont
sorties de tes mains;
Car
voici, ils n'accompliront pas leur dessein pervers de
mentir contre ces paroles. Car voici, si tu produis les
mêmes paroles, ils diront que tu as menti et que
tu as prétendu traduire, mais que tu t'es contredit.6
Ainsi, pour éviter toute polémique qui aurait
pu résulter d'une nouvelle traduction des 116 premières
pages, Joseph Smith continua la traduction du Livre de
Mormon là où elle avait été
laissée; dans nos versions, le Premier Livre
de Néphi marque le début de l'oeuvre,
alors qu'il commence réellement avec le Livre
de Léhi.
Mais ce ne fut pas là la seule
tentative de discrédit.
En automne de 1829, alors que le Livre
de Mormon était traduit, Hyrum Smith, le frère
du prophète, se sentit poussé à se
rendre un dimanche soir chez l'imprimeur à qui
le manuscrit7 avait été
confié. Il y rencontra un certain Abner Cole, ancien
juge de paix, occupé à imprimer un journal
de son crû et dans lequel il publiait, accompagné
de commentaires profanateurs, des parties du Livre de
Mormon qu'il avait trouvées sur place. Hyrum Smith
protesta, mais ce ne fut qu'après intervention,
une semaine plus tard,
de Joseph Smith et la menace de recourir à des
moyens légaux (le copyright du Livre de Mormon
ayant été déposé) qu'il renonça
à ses desseins.8
En fin de compte, il y avait au moins
deux bonnes raisons pour les opposants aux mormonisme
naissant de trouver les plaques d'or : s'enrichir... et
faire échouer sa traduction, son impression et
sa distribution. En-dehors du fait que Moroni avait annoncé
dès la remise des annales sacrées qu'il
les reprendrait, on voit assez clairement qu'il y avait
quelques bonnes raisons pour ne pas les laisser à
la merci des hommes. La famille Smith déploya tant
d'efforts à trouver des stratagèmes pour
éviter qu'elles tombent entre de mauvaises mains,
qu'on peut aisément imaginer que lorsque Moroni
les réclama à nouveau ce fut davantage un
soulagement qu'une cause d'embarras.
Les preuves bibliques contestées
Les plaques d'or n'ont pas été vues par
Joseph Smith seulement. S'il est vrai qu'en matière
de religion, Dieu demande à l'homme de faire preuve
de foi, il ne requiert néanmoins pas la crédulité
et la confiance aveugle pour autant. En plus de l'attestation
du St-Esprit
que chacun peut recevoir pour savoir que le Livre de Mormon
est un écrit ancien authentique (voir discussion
en conclusion), deux groupes officiels d'hommes eurent
l'occasion de voir les plaques d'or et de témoigner
de leur existence et véracité. Ces deux
groupes furent appelés respectivement "les
trois témoins du Livre de Mormon", et "les
huit témoins du Livre de Mormon" dont le témoignage
puissant se trouve en préface de cet ouvrage sacré.9
En plus de ces onze témoins officiels, plusieurs
proches de Joseph Smith eurent l'opportunité de
les voir, voilées ou non, ou de les porter et les
soupeser.
A ces témoignages d'une grande
crédibilité s'ajoutent plusieurs évidences
de l'origine antique du Livre de Mormon, et qui sont peu
à peu découvertes alors que de nouveaux
moyens apparaissent et que la science affine ses découvertes.
Comment, par exemple, ne pas être troublé
par la présence de chiasmes10
à l'intérieur même du Livre de Mormon,
ou encore par l'existence de certains lieux géographiques
alors inconnus de Joseph Smith mais qui sont pourtant
mentionnés dans l'ouvrage qu'il a traduit ?
Mais ici et maintenant n'est pas le
lieu pour faire un inventaire même partiel de l'état
actuel des recherches scientifiques visant à démontrer
l'origine ancienne du Livre de Mormon. Car les "preuves
scientifiques" liées aux faits religieux ne sont
pas systématiquement acceptées comme telles,
pour autant qu'elles soient mêmes discutées
par la communauté scientifique et, in extenso,
par la société en général.
Prenons un exemple-type, extrêmement
proche du Livre de Mormon, à savoir celui de la
Bible.
Les critiques du Livre de Mormon ont
longtemps affirmé (et ils le font toujours) que
la véracité du Livre de Mormon ne s'appuie
sur aucune preuve scientifique attestant de son origine
antique. Ils renchérissent en ajoutant - pour les
moins informés d'entre eux - que pour ce qui est
de la Bible, nous sommes en possession de nombreuses preuves,
de très anciens parchemins "originaux", et, qui
plus est, d'une tradition qui vient appuyer l'évidence
que la Bible est authentiquement la Parole de Dieu.
Mais est-ce vraiment le cas ?
Israël Finkelstein, un archéologue
juif, a édité sous forme d'un livre un compte-rendu
accablant11 dans lequel il
met en doute l'historicité de l'Ancien Testament.
Se faisant l'écho de ces révélations,
un récent magazine des "Cahiers de Science &
Vie"12 remarque notamment
que nous n'avons pas réellement de trace des anciens
patriarches, que l'Exode (relaté dans le livre
du même nom) n'a lui non plus laissé aucune
trace, que la Jérusalem de l'Israël
antique n'avait rien d'une grande et glorieuse cité,
etc.
Bien entendu, aucun débat n'est,
que je sache, clos autour de ces recherches; je suis personnellement
d'avis que les défenseurs de l'historicité
de la Bible n'ont pas dit leur dernier mot; sans parler
du fait que nous vivons dans un paradigme scientifique13
clairement anti-religieux, ce qui n'invite pas nécessairement
un regard plus nuancé sur ces découvertes
- ou plutôt : sur l'absence de découvertes.
Mais à nouveau, je ne cherche
pas un débat autour de cette question dans cet
article. J'invite seulement lecteur à se poser
cette simple question : pourquoi devrait-on faire deux
poids, deux mesures, selon que l'on a affaire à
la Bible ou au Livre de Mormon? Ceux qui affirment rejeter
le Livre de Mormon parce qu'il serait sans fondement scientifique
- et ce sont souvent des Chrétiens qui tiennent
ce discours - sont-il également prêts à
rejeter la Bible pour les mêmes raisons?
De plus, ceux qui sont encore suffisamment
naïfs pour croire qu'une bibliothèque quelconque
renfermeraient les "originaux" de la Bible se trompent.
Les supports les plus anciens datent au mieux de quelques
siècles après Jésus-Christ, exception
faite pour les livres bibliques découverts avec
le reste des Rouleaux de la Mer Morte, à Qumran.
(D'ailleurs, ces derniers tenderaient plutôt à
démontrer que des modifications & apports ont
été faits aux textes sacrées, plutôt
qu'à affirmer, comme certains se l'imaginent, que
la Bible est restée intouchée, de génération
en génération; qu'elle est sans erreur,
ni volontaire, ni involontaire [erreurs de copie, de traduction,
etc.].) Quant à la tradition, elle a fait preuve
d'une grande inconstance vis-à-vis de la Bible
(certains livres la constituant étant rejetés
ou acceptés comme canoniques au fil de siècles
et des croyances religieuses); peut-on dès lors
vraiment lui faire confiance pour attester de sa véracité
?
Revenons un moment les pieds sur terre. Il n'y a pas,
à mon sens, plus de preuves scientifiques - au
sens strict du terme - attestant l'historicité
de la Bible et ses miracles que pour le Livre de Mormon
et son récit prodigieux ! Ce qui ne veut pas
dire non plus que la Bible et le Livre de Mormon soient
faux. Cela siginifie simplement qu'avec les moyens actuels
et les idéologies dominant l'establishment
scientifique14, il n'est
pas possible de leur donner un fondement scientifique
avec la science d'aujourd'hui.
"Le juste vivra par sa foi"
Il est peut-être temps, à ce stade-ci, de
s'interroger sur ce qu'attend le Seigneur de ses enfants
lorsqu'il est question de sa Parole.
Ceux qui affirment croire en la Bible
parce qu'elle a un fondement scientifique semblent perdre
de vue pourtant ce que le Christ
lui-même a enseigé au sujet de sa Parole.
Souvenons-nous par exemple de la parabole du riche et
du pauvre Lazare, que je recopie ici :
Il
y avait un homme riche, qui était vêtu de
pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse
et brillante vie.Un pauvre, nommé Lazare, était
couché à sa porte, couvert d'ulcères,
et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient
de la table du riche; et même les chiens venaient
encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut,
et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham.
Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour
des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était
en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare
dans son sein. Il s'écria: Père Abraham,
aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il
trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse
la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme.
Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que
tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare
a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici
consolé, et toi, tu souffres. D'ailleurs, il y
a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux
qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là
vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit: Je te prie
donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison
de mon père; car j'ai cinq frères. C'est
pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent
pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit:
Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les
écoutent. Et il dit: Non, père Abraham,
mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront.
Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse
et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader
quand même quelqu'un des morts ressusciterait.15
Combien d'entre nous sommes dans cette situation vis-à-vis
du Livre de Mormon ? Il y a eu en tout onze témoins
officiels du Livre de Mormon; en ajoutant Joseph Smith,
ça en fait douze. A côté de cela,
nous avons encore beaucoup d'autres témoins qui
ont pu les voir, les contempler ou les toucher, à
divers degrés de proximité, et qui en ont
témoigné. Nous continuons pourtant à
dire: "Si je ne vois pas les plaques de mes propres yeux,
je n'y croirai pas." Mais y croirions-nous vraiment si
nous les voyions ? Cela changerait-t-il vraiment notre
vie ? Nous tournerions-nous alors vers Christ et son Eglise
?
A ceux qui diront : "Nous voulons plus
de témoins des plaques; nous voulons plus de preuves",
je pense que le Seigneur leur donnera la même réponse
que celle d'Abraham au mauvais riche, et elle s'articulera
peut-être plus ou moins de cette manière-là
: "Vous avez le témoignage de trois
témoins, puis le témoignage de onze
témoins; en plus de cela, vous avez le témoignage
du traducteur et de tous ceux qui ont approché,
vu et touché les plaques. Pour courroner le tout,
vous pouvez savoir personnellement, par la prière
et la révélation, que ces écrits
sont la parole de Dieu, et vous avez beaucoup de témoignages
de ceux qui savent par le St-Esprit
que ces écrits sont divinement inspirés.
Que voulez-vous de plus?"
La réponse du Christ à
Thomas, qui doutait des témoignages de ceux qui
avaient attestés que Christ était ressucité,
devrait encore résonner dans nos oreilles aujourd'hui:
Parce
que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas
vu et qui on cru!16
Et avant Christ, le prophète Habacuc a dit :
[...]
Car le juste vivra par sa foi.17
Conclusion: savoir par l'Esprit
Gardons-nous bien d'imaginer que le Seigneur attends de
nous une foi aveugle, basée sur l'affirmation gratuite
de quelques individus; comme je l'ai déjà
mentionné précédemment, nous pouvons
tous savoir personnellement et directement
que le Livre de Mormon est la Parole de Dieu au même
titre que la Bible. Moroni, dernier rédacteur du
Livre de Mormon, lança cette invitation au lecteur
et investigateur sincère de la vérité
:
Voici,
je voudrais vous exhorter, lorsque vous lirez ces
choses, si Dieu juge sage que vous les lisiez, à
vous souvenir combien le Seigneur a été
miséricordieux envers les enfants des hommes, depuis
la création d'Adam jusqu'au moment où vous
recevrez ces choses, et à méditer
cela dans votre coeur.
Et
lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à
demander à Dieu, le Père éternel,
au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies;
et si vous demandez d'un coeur sincère avec
une intention réelle, ayant foi au Christ,
il vous en manifestera la vérité par
le pouvoir du Saint-Esprit.
Et
par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître
la vérité de toute chose.18
Quel plus grand témoignage que celui de Dieu
lui-même pouvons-nous espérer ? Souvenons-nous
que l'objectif du Livre de Mormon n'est pas directement
de prouver que Joseph Smith est un prophète, ni
que Dieu existe, ou encore même que l'Eglise
de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours
est l'Eglise du Christ rétablie, bien qu'il en
soit indirectement une démonstration. L'objectif
premier du Livre de Mormon est, comme le dit sa préface,
"de convaincre Juif et Gentil que Jésus est
le Christ, le Dieu éternel, qui se manifeste à
toutes les nations."19.
Peut-on donc attendre de ceux qui demandent plus
qu'un témoignage du St-Esprit (et de celui inscrit
par les onze témoins) de faire ensuite preuve de
la foi nécessaire au salut et au bonheur éternels
? Une vrai conversion au Christ se fait par l'Esprit,
et non par des preuves materielles ou scientifiques. Qu'ont-ils
donc à gagner à savoir par des "preuves"
que le Livre de Mormon est authentique si les fruits
d'une telle connaissance ne sont pas la foi et les oeuvres
qui mènent à Christ et au Père ?
Puisqu'ils seraient au bénéfice d'une connaissance
avancée en la matière, n'ayant pas à
exercer de foi pour y croire, c'est un savoir qui tournerait
au contraire à leur désavantage, étant
sans excuse devant tant d'évidences de l'existence
et des attentes de Dieu.
Pour résumer ce qui précède,
si Moroni a repris les plaque, je crois que c'était
:
a) pour éviter qu'elles tombent
entre de mauvaises mains et soient utilisées à
des fins pécuniaires;
b) pour épargner à Joseph
Smith, à sa famille, et à l'Eglise en général
d'avoir à les protéger et les cacher sans
cesse;
c) pour inciter le lecteur sincère
à savoir directement par Dieu et par la révélation
la véracité de ce livre;
d) pour augmenter la foi en Christ de celui
qui vit une expérience spirituelle en rapport avec
le livre;
e) pour ne pas accabler les non-croyants
d'une connaissance qui ne les profiterait en rien.
Martin Harris fut le seul des trois
témoins à voir (et ce dans la même
vision éclatante) les plaques d'or séparément
des deux autres, en compagnie de Joseph Smith. Lors de
ce moment sacré, "[il] s'écria, apparemment
dans une extase de joie : "C'est assez! C'est assez!
Mes yeux ont contemplé! Mes yeux ont contemplé!",
et se levant, il cria : "Hosanna ", bénissant
le Seigneur, et se réjouissant alors excessivement."20
Puissions-nous nous souvenir de la
valeur du témoignage de ceux qui ont témoigné
de l'authenticité du Livre de Mormon, et puissions-nous
nous réjouir avec eux lorsque nous recevons ce
même témoignage par le St-Esprit.
|
Notes
& références*
| |
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|
|
| |
|
Smith,
Lucy Mack, 1901. History of Joseph Smith by
his Mother, p. 105. Salt Lake City:
Church of Jesus Christ of Latter-day Saints. Traduction
par nos soins. |
| |
|
Ibidem,
pp. 105-106. |
| |
|
Ibidem,
p. 110. |
| |
|
Section
10:30-31,
Doctrine & Alliances, éd. 1998. |
| |
|
C.-à-d.
la traduction du Livre de Mormon. |
| |
|
cf:
Smith, Lucy Mack, 1901. History of Joseph Smith
by his Mother, pp.
164-166.
Salt Lake City: Church of Jesus Christ of Latter-day
Saints. Traduction par nos soins. |
| |
|
|
|
|
|
|
|
Finkelstein,
Israël. 2002. La Bible Dévoilée
- Les nouvelles découvertes de l'archéologie.
Paris : Bayard Culture. |
|
|
Les
Cahiers de Science & Vie, No 75, "La Bible
face aux archéologues". |
|
|
cf:
Kuhn, T.S. 1983. La structure des révolutions
scientifiques. Paris: Flammarion (Champs). |
|
|
cf:
Broad, W., Wade, N. 1987. La souris truquée
- Enquête sur la fraude scientifique. Paris:
éd. du Seuil, Points (sciences). |
|
|
Luc
16:19-31, La Bible, éd. Louis Segond,
1910. |
|
|
Jean
20:29, ibidem. |
|
|
Habacuc
2:4, ibidem. |
|
|
Moroni
10:3-5, Le Livre de Mormon, éd. 1998.
Gras ajoutés par nos soins. |
|
|
Préface,
idibem, p. III. |
|
|
Smith,
J., 1948. History of the Church, volume 1,
p. 55.
Salt Lake City: Deseret Book Company. Traductions
par nos soins. |
|
Première publication :
17 août 2003
Dernière mise-à-jour : 2
août 2004
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Autres liens à consulter
sur ce sujet
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