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Liberté Religieuse et Liberté de Conscience
par Mathieu L.


Lorsque Joseph Smith a fait part de son expérience aux responsables religieux de sa région, il n'a reçu pour toute réponse que moqueries, mépris et menaces. Tout sa vie il fut harcelé. Tous les moyens furent employés pour avoir raison de lui. Souvent convoqué devant les tribunaux sous de fausses accusations, à tout propos et hors de propos, il n'a jamais été condamné ou reconnu coupable du moindre méfait. Mais c'est malgré tout en prison qu'il sera assassiné dans l'attente d'un énième procès, alors qu'il était prétenduement sous la protection des autorité des l'Illinois.

    Ses fidèles n’eurent pas la vie plus facile. Chassés d’Ohio, ils migrèrent vers le Missouri. Guère mieux accueillis ils recherchèrent alors la paix dans les plaines d’Illinois. Ils firent sortir de terre une nouvelle ville « Nauvoo » qui fut florissante en son époque au point de concurrencer Chicago. Mais encore une fois, l’intolérance fut la plus forte et les Saints durent abandonner leur terre, à la suite de l’assassinat de Joseph Smith Jr, et partir vers l’ouest sous la direction de Brigham Young, qui, devant tant de haine, fut résolu à déclarer : « une terre dont personne ne veut, voilà ce que je recherche ».

    Jamais les Saints ne furent acceptés là où ils étaient à cause de leur conviction religieuse. Il était intolérable pour les gens de l’époque de supporter à leur porte des personnes qui professaient une foi différente du christiannisme traditionnel, avaient une espérance spécifique et un mode de vie peu en accord les normes de l’époque.

    C’est dans ce contexte historique qu’il faut comprendre l’article de foi n°11 :

Nous affirmons avoir le droit d'adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes: qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils veulent.

    Aujourd’hui la liberté religieuse est reconnue ; son principe est inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme à l’Article 18 :

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

    Ne trouvez-vous pas que l’Article de Foi des Saints des Derniers Jours, publié en 1842 et la DUDH de 1948, soit plus d’un siècle plus tard, sonnent exactement de la même façon ?

    Mais ce principe, convenu, facile à déclarer lorsque l’on vit dans un pays libre et démocratique, les mormons le proclament et le mettent en pratique depuis les fondements de leur existence. Aucun mauvais traitement contre aucune religion n’a jamais été le fait des mormons.

    Aussi il est injuste d’entendre souvent répété que les mormons sont intolérants. L’intolérance ou l’irrespect vis-à-vis des autres confessions est le contraire de ce qu’est la doctrine de leur Eglise. Nous devons, au contraire, accepter les autres croyances, sans restriction. Accepter les autres religions ça veut dire reconnaître les dogmes des autres confessions en ce qu’ils sont importants pour les membres de ces confessions. Ça veut aussi dire demander que chaque personne soit respectée dans ses choix religieux et qu’elle ait le droit de vivre sa religion sans restriction ni préjudice.

    Dans le même temps nous réclamons les même privilèges. Nous proclamons notre foi et nous n’en avons pas honte. Nous sommes convaincu que notre Eglise est la seule et unique véritable Eglise : nous le disons et n’avons pas le sentiment d’offenser qui que ce soit. En effet, cette certitude qui est la notre ne nous autorise pas à accuser les autres confessions de quelque mal que ce soit et nous ne mettons pas en doute la sincérité de leurs membres ou de leurs autorités religieuses.

    M. Russel Ballard, Apôtre de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, a déclaré lors de la 171ème conférence générale d’octobre à Salt Lake City :

Et nous gardons à l’esprit ce qu’a déclaré notre Apotre, Nous, membres de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, comprenons que certains nous considèrent comme un peuple à part (voir 1 Pierre 2:9). Nos principes et nos croyances sont importants pour nous. Nous les adoptons et les chérissons. Je ne suggère pas le moins du monde que nous ne devions pas le faire. Au contraire, nos particularités et le caractère unique du message de l'Evangile rétabli de Jésus-Christ sont indispensables pour proposer un choix clair aux peuples du monde. (…) Nous devons comprendre cependant que les gens n'accepteront pas tous notre doctrine du rétablissement de l'Evangile de Jésus-Christ. Nos voisins qui ne sont pas de notre confession sont, pour la plupart, des gens honorables et bons, tout aussi bons et honorables que nous essayons de l'être. Ils aiment leur famille tout comme nous. Ils veulent faire du monde un endroit meilleur, tout comme nous. Ils sont bons, pleins d'amour, généreux et fidèles, tout comme nous essayons de l'être.

    Cette déclaration est suffisement explicite : les mormons n’ont pas d’aspiration différente sur cette terre que n’importe quel autre personne animée de bons sentiments. Nous ne nous croyons pas meilleurs, ni moins bons. Seulement, nous avons une foi, chose la plus importante de notre vie, que nous appelons l’Evangile de Jésus-Christ. Nous ne voulons pas y renoncer et, lorsque l’opportunité nous est donnée, nous cherchons dans le respect des autres, à partager notre foi. Nous ne rejettons pas les autres confessions ; nous ne refusons pas de nous meler à leurs membres ; nous ne refusons pas d’assister à des offices religieux autres. Mais n’abandonnons pas ce que nous croyons. Notre fermeté n’est pas intolérance.

    On pourrait nous opposer que l’Eglise ne participe à aucun conseil oeucuménique, maintenant dans un splendide isolement notre confession des autres religions chrétiennes. Je ne le crois pas. Pour nous la vérité et la foi n’est pas une histoire de négociations ou de débats "par la hiérarchie". Nous ne croyons pas qu’une vérité peut sortir du compromis de deux fausses conceptions. C’est juste que nous sommes convaincus de nos choix et que l’existence, à nos côtés, de personnes ne professant pas la même chose que nous ne nous dérange pas. D’ailleurs L’Eglise de JC des SDJ ne se permettra jamais de critiquer une autre confession et les missionnaires ont interdiction de parler en mal d’une autre religion.

    Que chacun vive sa foi, dans le respect de l’autre. Que chacun partage aussi sa foi, toujours dans le respect de l'autre. Voilà un crédo bien en accord avec les principes de tolérance de nos sociétés modernes. Nous les appliquons et les vivons… depuis le 19ème siecle.

 


Notes & références

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Première publication :
9 octobre 2002
Dernière mise-à-jour :
9 octobre 2002


 

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